Afrique du Sud/Covid: Pass sanitaire prochainement imposé

Pays le plus touché par la pandémie de Covid-19 sur le continent africain, l’Afrique du Sud dispose désormais de vaccins en nombre suffisant. Toutefois, l’annonce de l’introduction prochaine d’un système de pass sanitaire provoque des réactions mitigées a
En février 2021, le président, Cyril Ramaphosa, avait promis que les Sud-Africains non vaccinés ne se verraient pas imposer de restrictions de déplacements. Dans la foulée, il dénonçait, avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’“apartheid vaccinal” qui se dessinait au niveau mondial, alors que les pays riches se ruaient sur les vaccins pendant que les plus pauvres peinaient à obtenir des doses. Sept mois plus tard, le ton a changé, et c’est désormais Cyril Ramaphosa qui est accusé par certains de promouvoir un système qui rappellerait, selon eux, les méthodes de l’apartheid.
D’ici deux semaines, “nous fournirons de plus amples informations sur un système de ‘passeports vaccinaux’, qui pourront être utilisés comme preuve de vaccination à diverses fins et lors de divers événements”, a déclaré, le dimanche 12 septembre, le chef de l’État sud-africain dans une adresse à la nation, reprise par le site d’information News24. Il confirmait ainsi l’introduction prochaine d’un système de pass sanitaire dont les modalités restent inconnues à ce stade.
L’annonce a provoqué des réactions “mitigées” au sein de la population, note le quotidien The Citizen. Sur les réseaux sociaux, certains évoquent le retour du dompas, le permis de circuler limitant les déplacements de la population noire sous le régime raciste de l’apartheid. “Des passeports vaccinaux ? J’aime ma liberté, merci. Vous pouvez garder votre dompas médical. Cela se terminera devant la Cour constitutionnelle, aucun doute là-dessus”, estime ainsi une internaute dans un message publié sur Twitter et repéré par CNN.
Par ailleurs, le porte-parole de la puissante fédération syndicale Cosatu, Sizwe Pamla, avait déclaré en début de septembre : “Nous avons déjà eu affaire au système de permis dans le passé. Le peuple sud-africain l’a rejeté et nous ne laisserons pas le gouvernement utiliser des tactiques de l’apartheid afin d’obliger les gens à accepter les vaccins”.