Election présidentielle au Congo : cet or noir dont les habitants ne voient pas la couleur

Capitale économique du troisième pays pétrolier d’Afrique subsaharienne, Pointe-Noire n’en est pas moins affectée par le chômage, la pauvreté et le manque d’infrastructures.
En bord de route, Solange Mandjenvo a installé un petit stand de vente de boissons. Mais inutile d’espérer consommer son soda frais : il n’y a pas de courant pour faire fonctionner le réfrigérateur, prévient la trentenaire en riant. Pourtant, des lignes électriques passent tout autour de son village de Djeno, situé au sud de Pointe-Noire, la capitale économique du Congo-Brazzaville.
Derrière le jardin de Solange, à quelques centaines de mètres à peine, le terminal pétrolier géré par Total est allumé jour et nuit. Deux centrales thermiques se dressent d’ailleurs dans le village, alimentées par le gaz des champs pétroliers.
Dès que le soleil se couche, la vendeuse rentre les bouteilles dans sa petite maison en bois et allume ses lampes torches. Peu d’habitants de Djeno ont les moyens de faire fonctionner un groupe électrogène. L’un des rares à pouvoir se l’offrir a installé le sien dans une petite cahute où, moyennant quelques billets, les jeunes du coin se pressent pour venir recharger leurs téléphones portables.
Une scène qui en dit long sur les contradictions du Congo, où une élection présidentielle se tient dimanche 21 mars. Un pays riche en pétrole mais dont 40 % de la population vit toujours sous le seuil de pauvreté.