France : perquisition à l’IESH pour blanchiment et financements étrangers

Le 4 décembre, la police judiciaire a effectué une perquisition à l'Institut européen des sciences humaines (IESH) situé à Saint-Léger-de-Fougeret, dans le Morvan.
Cet institut français, consacré à la formation d'imams, fait l'objet d'une enquête liée à des soupçons de blanchiment d'argent, d'abus de confiance, et de non-déclaration de financements en provenance de l'étranger.
L'enquête a été ouverte à la suite d'un signalement l'année dernière, en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale, qui oblige les fonctionnaires à signaler toute infraction.
Selon des sources proches de l'enquête, les financements concernés pourraient atteindre 300 000 euros. La procureure de la République de Nevers, Anne Lehaître, a confirmé le début de l’enquête, précisant qu'elle porte sur des infractions financières liées au blanchiment. Elle a également indiqué que la perquisition avait été fructueuse.
Le doyen de l'IESH, Larabi Becheri, a réagi en affirmant que "rien n'a été découvert" lors de la perquisition, et que l'institut se finance principalement par les cotisations des étudiants, les dons de particuliers, et non plus par des financements étrangers depuis 2018. Il a qualifié l'enquête de "signalement de quelqu'un qui nous veut du mal". Par ailleurs, l'institut n'ayant pas de compte bancaire en raison de difficultés avec les banques, de l'argent liquide a été saisi lors de la perquisition.
Fondé en 1990 par l'Union des organisations islamiques de France (aujourd'hui les Musulmans de France), l'IESH est lié à la mouvance des Frères musulmans et forme des imams "à la française", une initiative soutenue par plusieurs présidents français pour lutter contre le radicalisme.