Guerre en Ukraine : Moscou entre colère et déni

Après plus de 200 jours de guerre en Ukraine, les autorités moscovites ont admis un recul de leurs troupes dans le Donbass et dans le Sud, tout en assurant que tout est calculé. Ce qui ne rassure pas tous les Russes.
L’actuelle débâcle russe dans l’est de l’Ukraine n’est qu’une retraite organisée afin de regrouper les forces dans la région de Donetsk », selon les mots du ministère russe de la Défense. Sur le terrain, ce regroupement a des airs de débâcle, les forces russes s’avérant incapables d’enrayer l’avancée ukrainienne et ayant évacué de nombreuses positions à l’est de Kharkiv.
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L’actuelle débâcle russe dans l’est de l’Ukraine n’est qu’une retraite organisée afin de regrouper les forces dans la région de Donetsk », selon les mots du ministère russe de la Défense. Sur le terrain, ce regroupement a des airs de débâcle, les forces russes s’avérant incapables d’enrayer l’avancée ukrainienne et ayant évacué de nombreuses positions à l’est de Kharkiv, selon ouest-france.
Des doutes grandissants
Depuis le début du mois de septembre, nos soldats ont déjà libéré 6 000 km2 de territoire ukrainien dans l’Est et le sud, et nous continuons d’avancer, a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky lundi soir dans une vidéo en ligne. Une carte publiée par le ministère russe de la Défense confirme les affirmations ukrainiennes ; elle montre avec honnêteté l’ampleur des territoires abandonnés par la Russie ces derniers jours.
Sa publication et l’admission d’un recul majeur des forces russes ont renforcé les doutes grandissants au sein du monde politique et médiatique russe. Depuis le week-end dernier, les experts des télévisions russes peinent à se censurer. Nous avons atteint un point où il faut admettre qu’il est impossible de battre l’Ukraine en usant nos ressources et ces méthodes de guerre coloniale a même déclaré l’ancien député Boris Nadejdin. La rédactrice en chef de Russia Today a appelé à l’amitié entre les peuples samedi soir, avant de préconiser, dimanche soir, le bombardement des infrastructures civiles de l’Ukraine.
Amertume tchétchène
Même le tchétchène Ramzan Kadyrov s’est permis de critiquer frontalement Vladimir Poutine, qui devra gérer les voix d’une ligne dure qui porteront de plus en plus dans l’espace public à l’avenir. Si aujourd’hui ou demain aucun changement de stratégie n’est apporté, je serai obligé de parler avec les dirigeants du ministère de la Défense et les dirigeants du pays pour leur expliquer la situation réelle sur le terrain, a-t-il déclaré sur Instagram. Après avoir critiqué une armée mal préparée, il a annoncé, lundi, le retour sur le front d’un bataillon de sa propre armée qui était en repos après la prise de Marioupol, Severodonetsk et Lissitchansk.
Selon plusieurs médias russes, le référendum d’annexion du sud de l’Ukraine, qui venait d’être planifié au 4 novembre prochain, pourrait être abandonné. Des têtes seraient déjà tombées : le lieutenant-général russe Roman Berdnikov a été relevé de ses fonctions par Moscou. Il était en charge du district militaire Ouest impliqué dans l’invasion de la région de Kharkiv, en Ukraine.
Autre réaction peu habituelle : des élus de Moscou et Saint-Pétersbourg ont lancé une pétition lundi dans laquelle ils exigent la démission du chef du Kremlin. Quelques jours plus tôt, des élus de ces deux villes avaient déjà utilisé leur statut pour accuser Vladimir Poutine de haute trahison dans une lettre ouverte envoyée au parlement russe.
Quels objectifs ?
Dimanche soir, les bombardements russes sur des centrales électriques ont mis une partie de l’Ukraine dans le noir. Une façon de montrer les muscles. Il n’en fallait pas plus pour requinquer des propagandistes de la première heure qui attendent des miracles de la part des fameux renforts annoncés par le ministère de la Défense il y a quelques jours.
Une certitude au moins : L ’opération militaire spéciale va se poursuivre jusqu’à ce que les objectifs initialement fixés soient atteints a asséné Dmitri Peskov, le porte-parole du Kremlin. Depuis sept mois, la réalité de ces objectifs demeure un mystère total. Quant à Vladimir Poutine, il suivrait les péripéties de son armée heure par heure, parfois même 24 heures sur 24.