Sous le couvert de religion, des milices turques au service de l’impérialisme d’Erdogan

Dans quelques jours, le prochain Conseil européen se tiendra à Bruxelles (exceptionnel, 24-25 septembre), à l’invitation de son président Charles Michel dans le contexte de la crise sanitaire et des menaces croissantes de la Turquie et de la Méditerranée
Dans quelques jours, le prochain Conseil européen se tiendra à Bruxelles (exceptionnel, 24-25 septembre), à l’invitation de son président Charles Michel dans le contexte de la crise sanitaire et des menaces croissantes de la Turquie et de la Méditerranée orientale.
Face à l’indifférence de nombreux pays européens qui hésitent à se solidariser avec la Grèce et Chypre, menacés par la Turquie dans ses régions économiques exclusives et pleines de gaz, l’analyste politique et universitaire français, Alexander Del Valle, revient sur les liens mystérieux par lesquels le régime d’Erdogan cherche à préserver le djihad international à travers des sociétés de mercenaires.
Comme le rappelle l’analyste Alain Rodier, ancien directeur général de la Direction générale de la recherche et membre du Centre français de recherche sur le renseignement (CF2R), Adnan Tanrieverdi a annoncé dans les colonnes du quotidien turc la nouvelle que l’Organisation de défense turque « a organisé des missions en Syrie à partir de 2013 puis en Libye, dans le cadre de la coopération ». Un djihadiste islamiste-syrien-libyen.
Auparavant, le général turc à la retraite Adnan Tanriverdi avait déclaré dans un quotidien turc que son pays « avait besoin de sociétés de sécurité privées pour employer des mercenaires » et que « si la Turquie envoie des mercenaires en Libye, ce sera plus efficace que Wagner et Blackwater ».
Dans ses écrits officiels, le «Sadat» turc appelle, sans aucune complication, à la mise en place d’une «armée islamique internationale» composée de «volontaires» pour mener le djihad contre ce qu’il appelle «les ennemis de l’islam», qui pourrait éventuellement devenir supérieur à «l’armée internationale de l’islam».
Le général Tanrieverdi rêve, en accord avec la pensée profonde de son mentor Erdogan, qu’il ne cache pas son ambition d’établir des «réserves néo-ottomanes» partout dans les pays arabes, en Europe de l’Est ou dans le Caucase, et même aux frontières de l’Inde, où la population a été exposée au joug ottoman.
À l’instar du Parti de la justice et du développement du président Erdogan et de nombreuses de ses organisations non gouvernementales et islamistes turques, le « Sadat » de Tanriverdi est clairement très actif à Gaza et en Palestine, en particulier pour soutenir le mouvement terroriste djihadiste Hamas, qui bénéficie de nombreuses installations en Turquie. Ses dirigeants se sont réfugiés depuis leur expulsion de Syrie pendant le printemps arabe, qui s’est rapidement transformé en « hiver islamique ».
L’organisation turque soutient également les groupes djihadistes internationaux en Irak et en Syrie qui sont utilisés pour combattre les Kurdes, et les ennemis existentiels internes et externes des nationalistes et des islamistes de la Fraternité au pouvoir à Ankara.