Carla Bruni inculpée pour subornation de témoin dans l'affaire Sarkozy-Takieddine

Carla Bruni, épouse de l’ancien président Nicolas Sarkozy, a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire mardi 9 juillet, dans le cadre de l’enquête sur la rétractation de Ziad Takieddine.
Ce dernier, principal témoin à charge dans l’affaire de financement libyen de la campagne de 2007 de Sarkozy, avait changé ses déclarations en 2020, affirmant que Sarkozy n’avait reçu aucun financement du régime de Mouammar Kadhafi. La justice soupçonne que ce revirement ait été influencé par des manœuvres du clan Sarkozy.
L’enquête, qui sera jugée en 2025, s'intéresse notamment à une ligne téléphonique occulte que Carla Bruni aurait demandé fin 2019, utilisée pour communiquer avec Michèle Marchand, une amie de Bruni et ancienne figure de la presse people. Des messages semblent indiquer que Bruni était informée des déplacements de Marchand à Beyrouth en octobre 2020 pour interviewer Takieddine.
Carla Bruni a été mise en examen pour « recel de subornation de témoin » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre l’infraction d’escroquerie au jugement en bande organisée ». Elle a également le statut de témoin assisté pour association de malfaiteurs en vue de la corruption de personnels judiciaires au Liban. Sous contrôle judiciaire, elle ne peut entrer en contact avec les autres protagonistes de l’affaire, sauf avec son époux.
Ses avocats, Paul Mallet et Benoît Martinez, ont déclaré que cette décision était une suite logique mais non fondée des procédures contre son mari. Ils ont également déposé des requêtes pour annuler les poursuites et demander un dépaysement de l’enquête.
Nicolas Sarkozy et Carla Bruni soutiennent que Michèle Marchand aurait utilisé leur nom pour gagner en crédibilité auprès de ses associés. Sarkozy, lors de son interrogatoire, avait déjà déclaré qu’il était injustement impliqué dans cette affaire par une bande de personnes malintentionnées et avides d’argent.