Menace de destitution de Macron... Nouvelle fracture entre LFI et le PS

La proposition de La France insoumise (LFI) de destituer Emmanuel Macron a ravivé les tensions au sein de l'alliance de gauche
La proposition de La France insoumise (LFI) de destituer Emmanuel Macron a ravivé les tensions au sein de l'alliance de gauche, notamment entre LFI et le Parti socialiste (PS).
Olivier Faure, Premier secrétaire du PS et l'un des architectes du Nouveau Front populaire (NFP), a rapidement pris ses distances avec cette initiative, qualifiée de "stratégie populiste" par les critiques internes au PS.
Depuis la dissolution de l'Assemblée nationale, les socialistes, bien que réticents, avaient accepté une alliance fragile avec LFI. Cependant, la proposition de destitution de Macron, formulée en réponse à son refus de nommer Lucie Castets à Matignon malgré le résultat des législatives, a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase pour une partie du PS. LFI s'appuie sur l'article 68 de la Constitution, qui permet de destituer un président pour "manquement à ses devoirs", mais cette initiative est jugée irréaliste par de nombreux socialistes.
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Olivier Faure a souligné que cette tribune, parue dans "La Tribune Dimanche" et signée uniquement par des cadres de LFI, n'engageait que leur mouvement. Il a rappelé que la destitution nécessiterait une majorité des deux tiers dans les deux chambres du Parlement, ce qui la rend "impraticable". Le maire socialiste de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et d'autres figures du PS, comme le sénateur parisien Rémi Féraud, ont également critiqué cette démarche, la qualifiant de "stratégie populiste" vouée à l'échec.
Lamia El Aaraje, adjointe d'Anne Hidalgo, a exprimé son scepticisme quant à l'efficacité d'une alliance avec LFI, estimant que cela constitue une impasse pour de nombreux Français. De son côté, le député de l'Essonne, Jérôme Guedj, a dénoncé une "démarche solitaire" qui divise la gauche, tandis que le sénateur Hussein Bourgi a fustigé cette "gesticulation" qui, selon lui, ne mène nulle part.
Cette nouvelle discorde au sein du NFP intervient à un moment crucial, alors que l'alliance des gauches doit rencontrer Emmanuel Macron dans cinq jours pour défendre la candidature de Lucie Castets à Matignon. La division interne pourrait affaiblir leur position lors de cette négociation décisive.